header image
Historique de l'industrie minière au Canada

Les archives sur les premiers voyages d’exploration de Champlain au nouveau monde, au tout début du 17ième siècle, font état de la découverte de traces de minerai de cuivre dans la péninsule gaspésienne, au Québec. Le site de cette découverte fut mis en exploitation au milieu du siècle dernier par les Mines Gaspé, filiale de Noranda, l’une des plus importantes société minière au Canada.

La première mine de charbon au Canada est entrée en exploitation en 1720, à l’île du Cap Breton, en Nouvelle Écosse.

La première fonderie de fer à être mise en service fut celle des Forges du Saint Maurice, à Trois-Rivières, au Québec, en 1737. Elle produisit principalement des poêles, poêlons, casseroles et autres produits en fonte d’usage domestique. Ce fut l’un des plus importants employeur de cette région jusqu’à sa fermeture en 1883. Un musée réputé occupe maintenant le site rénové.

Les premières découvertes d’or remontent à 1823 au Québec, à 1852 en Colombie Britannique, en 1860 en Nouvelle-Écosse, en 1866 en Ontario et en 1896 au Yukon. À cette époque, des prospecteurs circulaient en forêt à la recherche des affleurements rochers minéralisés. Les technologies modernes permettent maintenant aux géologues et géophysiciens de localiser les gisements, même sous la surface du sol.

Un gisement de plomb-zinc exceptionnellement riche fut découvert en 1893 dans la région d’East Kootenay, en Colombie britannique. La mine Sullivan a fermé en 2001 après plus de 90 années de production. Un gisement de cuivre-zinc d’importance comparable fut découvert près de Timmins, en Ontario, en 1964.

Le hasard fut parfois à l’origine des découvertes. C’est ainsi qu’un médecin à la recherche d’un homme égaré en forêt a découvert, en 1883, dans la région de Sudbury, en Ontario, un important gisement de cuivre-nickel contenant également de l’or, de l’argent, du platine, du cobalt et autres minéraux. La mise en valeur de ce gisement est à l’origine de l’essor économique et démographique de cette région.

À Cobalt, également en Ontario, ce sont deux entrepreneurs en traverses de chemin de fer qui ont découvert de façon similaire une veine de minerai d’argent à l’état presque pur, en 1903. Plus d’une centaine de mines ont été mises en exploitation par la suite dans cette région et les revenus qu’elles ont générés ont permis de financer la recherche et la mise en exploitation de plusieurs autres gisements à travers le Canada.

Des dépôts majeurs de minerai de fer ont été découverts dans le nord de l’Ontario au cours des années 1900 mais ce n’est que dans les années 1950 qu’ils ont été exploités de façon significative, cette contrée sauvage étant difficile d’accès. À la même époque (1950), d’importantes découvertes de minerai de fer sont survenues à la frontière Québec-Labrador. La compagnie minière Iron Ore du Canada y a investi des sommes colossales dans les infrastructures et dans les équipements d’exploitation et de production. Elle y poursuit toujours ses opérations.

Également au cours des années 1950, des gisements d’uranium furent découverts en Saskatchewan et en Ontario. À l’apogée de la guerre froide, l’uranium était devenu un métal stratégique et une forte pression s’est exercée de la part des gouvernements pour la mise en exploitation rapide de ces gisements. De nos jours, ce métal est surtout utilisé comme combustible dans les centrales électriques thermonucléaires à travers le monde.

Le Canada produit actuellement environ 60 métaux et minéraux différents, classés pour fin de statistiques, en métaux, non-métaux, matériaux structurels et hydrocarbures. En terme de valeur, les plus importants métaux sont : l’or, le cuivre, le fer, le zinc et le nickel. Dans les matériaux structurels : le ciment, le sable et le gravier qui servent à la fabrication du béton arrivent en tête de liste. Chez les non-métaux : le chlorure de sodium (sel) et la tourbe sont les plus exploités. Les hydrocarbures : pétrole, gaz et charbon pour leur part comptent pour 63% de la production minérale canadienne.

Les gisements étant presque toujours éloignés des centres urbanisés, leur exploitation a eu un effet structurant majeur au Canada. Elle a entraîné un déploiement des populations et la création de villes dans ces régions isolées qui, autrement, seraient demeurées presque inhabitées.

Une carte géologique sur laquelle sont identifiées les principales régions minières du Canada peut être obtenue en s’adressant au Ministère des Ressources Naturelles du Canada. Le gouvernement du Canada . Le gouvernement du Canada a mis sur pied des organismes de soutien tels le Service de Recherche Géologique (en 1841, sous la présidence de Sir William Logan), le Ministère des Mines (en 1907), et le Ministère des Relevés Géodésiques (en 1909). Les gouvernements provinciaux ont également mis sur pied leurs propres ministères des ressources qui apportent une contribution importante.

L’Industrie Miniere - Plus Que Des Mines

La présence de gisements miniers ne constitue toutefois qu’une goutte de l’important impact économinique qu’a eu ce secteur sur le développement du Canada. Le succès d’une industrie, cela est bien connu, dépend avant tout de la capacité des ressources humaines qui l’animent. Et cela est parfaitement illustré par la description des réalisations des membres du Temple de la Renommée du Secteur Minier Canadien.

Ces personnes intelligentes, compétentes, motivées, enthousiastes, persévérantes, optimistes et dotées d’un esprit de recherche hors de l’ordinaire, ainsi que les milliers de personnes qui les ont assistées sont les principaux artisans des réussites de cette industrie. Des professeurs, en passant par les prospecteurs, géophysiciens, ingénieurs, financiers, comptables, gestionnaires, environnementalistes, avocats, agents commerciaux et une multitude d’ouvriers spécialisés, tous ont contribué à ses succès.

L’objectif d’une entreprise minière est de mettre en marché un produit que souhaitent acquérir des acheteurs à un prix que ses actionnaires vont estimer rentable. Mettre une mine en exploitation au Canada peut actuellement exiger des investissements variant de 200 millions à un milliard de dollars avant même de générer le moindre revenu.

  • L’investisseur veut évidemment récupérer sa mise de fonds avec un juste retour sur son investissement.
  • Le travailleur minier veut recevoir un salaire compatible avec les exigences de son métier (les travailleurs miniers sont le groupe de salariés les mieux rémunérés de tous les secteurs industriels).
  • Les fournisseurs de biens et services veulent être payés (à peu près la moitié des revenus de l’entreprise va aux fournisseurs).
  • Les divers paliers de gouvernement exigent le paiement de taxes et de redevances pour les services qu’ils procurent.
  • Quant à la compagnie, elle veut générer des profits suffisants pour être en mesure d’explorer et de développer de nouveaux gisements qui lui permettront de poursuivre ses opérations.

C’est un défi colossal que de trouver un gisement minéral, habituellement enfoui sous la surface de la Terre, et de déterminer sa taille, sa teneur et son potentiel économique. Des professionnels de talent doivent mettre au point des méthodes sûres d’extraction et de transformation, et des travailleurs compétents doivent veiller à la réalisation des plans. Il faut séparer les métaux ou les minéraux précieux de la roche hôte, purifier les métaux pour les vendre dans une forme dont voudront les acheteurs et éliminer les sous-produits d’une manière respectueuse de l’environnement. La planification économique de l’entreprise est compliquée par le fait que les prix sont tributaires de l’offre et de la demande des marchés concurrentiels, et non des producteurs locaux.

Malgré ce contexte difficile, les entrepreneurs miniers canadiens ont fait la preuve de leur capacité à s’adapter à un environnement en constante évolution. L’histoire des membres du Temple de la Renommée du Secteur Minier Canadien illustre de façon remarquable les succès de cette importante industrie qui a fortement contribué à développer et à enrichir ce pays.