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Matthew James Boylen (1907 - 1970) intronisé en 1992

Quelquefois appelé “le roi des développeurs de mines” à l’apogée de sa carrière, James Boylen, est surtout connu pour la découverte et le développement des importants gisements de minerais sulfurés d’origine volcanique de la région de Bathurst, au Nouveau-Brunswick, au début des années 1950.

Prospecteur, entrepreneur et financier, il est à l’origine de la mise en production d’au moins huit mines, dont les plus importantes sont celles de la compagnie Brunswick Mining and Smelting. Il est l’âme dirigeante de l’exploration et du développement dans la région de Bathurst au cours des années 1950, et du développement de plusieurs mines à Terre-Neuve.

Les efforts d’exploration dans la région de Bathurst revêtent une signification historique et économique. Les découvertes effectuées dans cette région ont confirmé l’usage de méthodes électromagnétiques de recherche de minerai, au sol et par la voie des airs, et fourni des preuves concluantes au sujet des gisements de souffre d’origine volcanique. Ces étapes importantes orientent l’exploration canadienne vers des succès reposant sur des données scientifiques plus solides et vers la détermination d’un modèle géologique d’exploration minérale qui a depuis été utilisé partout dans le monde.

Boylen naît à Weston, Ontario, le 10 août 1907. Il passe sa jeunesse en Alberta mais il quitte la maison à quatorze ans avec son frère aîné Fred. Ils se retrouvent alors dans la région de Larder Lake, au nord-est de l’Ontario, au bout de la ligne de chemin de fer; ils y établissent leurs quartiers et s’adonnent au commerce des fourrures ainsi qu’à d’autres activités commerciales. Leur comptoir, équivalent d’un magasin général moderne, fournit tout l’équipement nécessaire aux trappeurs et aux prospecteurs.

Ce n’est qu’en 1922 que Boylen entreprend sa carrière de prospecteur, lors de la ruée vers les mines de Rouyn, dans le Nord-Ouest québécois. Dès 1927, il consacre tout son temps à la prospection et au développement de mines partout au Canada. Pendant la Dépression, il gagne sa vie en jalonnant des concessions et en exécutant divers contrats.

En 1934, au plus fort de la Dépression, on assiste à une ruée vers l’or dans la région de la rivière Sturgeon en Ontario. Cette année-là, Boylen ouvre un bureau à Toronto, d’où il dirige ses nombreuses activités (dont une cinquantaine de compagnies minières au plus fort) et brasse ses affaires.

Durant les années 1940, la liste de ses réussites s’allonge. Il incorpore Dulama Gold Mines en 1944 et développe le moulin. Il fonde Anacon Lead Mines en 1948 et la mine produit dès la même année. En 1950, il développe le moulin de Mines Montauban, en 1951 celui de la United Lead and Zinc Mines et, en 1963, met en production la mine Advocate Asbestos, à Terre-Neuve.

Toutefois, c’est au Nouveau-Brunswick qu’on retrouve ses plus grandes réussites. En 1952, il met sur pied un système d’approvisionnement pour les prospecteurs en retour d’un pourcentage de leurs profits. Il en tire le financement des importantes découvertes qu’il fait en 1953 et qui deviennent les énormes gisements de métaux de base de la Brunswick Mining and Smelting. Quelques investisseurs se retirent au moment où le projet est retardé à cause de problèmes métallurgiques avec le minerai. Boylen surmonte toutefois les nombreux obstacles et amorce la production de la mine et de la fonderie installée près de là, à Belledune (Nouveau-Brunswick).

Boylen meurt en 1970.