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Professor Herbert Haultain (1869 - 1962) intronisé en 1994

Bien que la plupart des ingénieurs gradués soient familiers avec le Rite d’engagement de l’ingénieur, quelques-uns ne savent peut-être pas que ce rituel date de 1922 et remonte à un certain professeur Herbert Edward Terrick Haultain. Dans une conférence prononcée cette année-là, le professeur Haultain recommande l’adoption d’un serment ou profession de foi pour les ingénieurs gradués. Donnant suite à sa propre idée, Haultain s’adresse au fameux écrivain et poète victorien Rudyard Kipling afin qu’il compose un poème qui conviendrait pour une cérémonie. Ce que fit Kipling. Et ainsi naquit le Rite d’engagement de l’ingénieur ou rite Kipling, comme on le connaît maintenant.

Mais cela n’est qu’une partie des réalisations de Haultain. Comme professeur, il a formé des centaines d’hommes et de femmes qui ont compté sur lui comme confident, mentor, ami et inspiration. Il insistait sur l’expérience pratique dans les mines avant la graduation.

Haultain est aussi inventeur. Le superpanner et l’infrasizer, des appareils de granulométrie (servant à mesurer les sous-granules des matériaux de taille extrêmement petite) sont au nombre de ses inventions. Les premières unités sont testées à la mine Lake Shore et seront éventuellement utilisées partout dans le monde. Haultain a aussi joué un rôle important dans la percée de la technologie dite de flottation chimique au début des années 1900, et qui allait extraire le “minerai” de ce qui avait été jusqu’alors de simples minéraux.

Cette découverte a fait passer l’industrie minière et minérale du Canada de petites opérations de fonte directe de minerai à haute teneur à de plus grandes opérations exploitant des gisements à plus faible teneur qui pouvaient être transformés en concentrés à plus haute teneur, par le traitement et la flottation chimique.

Haultain naît à Brighton, en Angleterre, en 1869. Il obtient un diplôme d’ingénieur civil de la School of Practical Science en 1889. Il poursuit des travaux post-gradués en Angleterre et à la plus ancienne école des mines au monde, fondée à Freiberg, en Allemagne, en 1765.

Alors qu’il est à une mine d’étain en Bohème en 1889, il conçoit et opère le premier treuil électrique en Europe continentale. Pendant une vingtaine d’années de pratique, il travaille en Saxe, Colombie-Britannique, Afrique du Sud, Idaho et Ontario. C’est chez Canada Corundum Co. (Ontario) qu’il commence à s’intéresser aux problèmes et merveilles de la granulométrie, intérêt qu’il gardera toute sa vie.

En 1908, il devient professeur en génie minier à l’université de Toronto. Malgré ses méthodes d’enseignement peu orthodoxes, son influence est importante et sa renommée internationale. On disait de lui qu’il était bon en plus d’être une source d’inspiration malgré une volonté et une constitution de fer.
Connu affectueusement comme “le vieil homme”, il est renommé pour son bureau en désordre qu’il justifia un jour en disant “qu’un bureau vide dénotait la stérilité de l’esprit”. Son influence sur l’industrie minière au cours du présent siècle est incalculable. Plus de 300 de ses diplômés sont devenus les ingénieurs, gestionnaires, présidents et bâtisseurs de l’industrie minière canadienne.

Son apport comme citoyen est aussi important. Il crée le poste d’officier d’orientation professionnelle de l’Ontario, en vue de la réinsertion des soldats au retour de la Première guerre mondiale. En 1927, il fonde le Technical Service Council, un organisme de liaison entre les ingénieurs et l’industrie, qui existe toujours comme bureau de placement et de recherche d’emplois pour les ingénieurs.