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Richard J. Ennis (1881 - 1951) intronisé en 2003

Dick Ennis était un personnage imposant, au début du vingtième siècle, lorsqu’une série de découvertes ont lancé l’industrie minière canadienne sur une vague de croissance phénoménale.

Né à Aspen, au Colorado, il est venu au Canada en 1911 pour aménager et gérer une usine qui traitait 300 tonnes de minerai par jour durant la période particulièrement difficile que connaissait alors le projet aurifère McIntyre du camp minier de Porcupine, dans le nord de l’Ontario. Dick Ennis est demeuré avec McIntyre pendant les 40 années suivantes, guidant la croissance de cette mine devenue exceptionnelle parmi les mines d’or, générant les ressources financières nécessaires pour créer un conglomérat minier et industriel.

Le rôle qu’il a joué, les problèmes épineux qu’il a rencontrés et les innovations qu’il a amenées ont fait de lui le directeur minier le plus respecté de l’époque. À ses débuts, la mine McIntyre était un véritable cauchemar, et l’histoire le relate d’ailleurs : « Aucune autre grande société minière n’a été bâtie sur des bases aussi chancelantes. » Dick Ennis a raconté comment il s’est précipité à la banque muni de lingots encore chauds pour couvrir les salaires des ouvriers, et comment il disparaissait au fond de la mine pour se cacher des créanciers.

Mais il a tenu bon et surmonté une foule d’obstacles pour établir une longue liste de premières dans les pratiques d’extraction et de traitement des minéraux, dans le domaine de la santé et de la sécurité, ainsi que dans la vie d’une collectivité dynamique aujourd’hui connue sous le nom de Timmins, en Ontario.

On croit que ses 38 années consécutives à la tête de la même mine constituent un record dans l’industrie canadienne et peut-être même dans l’industrie minière mondiale. La mine McIntyre fut la première au Canada à compter un métallurgiste au sein de l’effectif de l’usine, et elle fut aussi la première à embaucher un ingénieur à titre de surintendant de la mine.

Sous les directives de Dick Ennis, la mine McIntyre fut la première mine canadienne à utiliser des revêtements en caoutchouc dans son procédé de traitement, et la première de Porcupine à utiliser les cadres de soutènement et les méthodes d’exploitation par tranches montantes remblayées en milieu souterrain. Et c’est un membre de son équipe qui a mis au point le gunitage. McIntyre a aussi adapté la technique de flottation au traitement du minerai aurifère, et la mine fut la première en Ontario à forer un puits de plus de 4 000 pieds de profondeur.

Ennis a toujours innové dans le domaine de la sécurité minière. Il avait d’ailleurs établi des procédures qui lui permettaient d’obtenir un rapport quotidien sur les conditions de sécurité du sous-sol, une norme de l’industrie de l’extraction souterraine de nos jours.

Sous la direction d’Ennis, McIntyre a suscité l’intérêt du monde entier lorsqu’elle s’est attaquée au grave problème de santé que présentait la silicose. Des chercheurs européens avaient découvert que la formation de tissus cicatriciels sur les poumons, causée par la silicose, était le résultat d’une réaction chimique complexe entre les particules de silice et les tissus pulmonaires. Un groupe de chercheurs de McIntyre comprenant des scientifiques de l’Institut Banting de l’Université de Toronto, reconnu dans le monde entier, se sont attachés à trouver des façons d’éliminer ou de réduire la solubilité des particules de silice. Leur solution : l’ajout de petites quantités de poussière d’aluminium dans l’air circulant dans une autre innovation d’Ennis, l’enceinte de séchage à deux phases par où les mineurs passaient en remontant à la surface. La fondation McIntyre pour la recherche, un organisme sans but lucratif, a été créée pour favoriser l’utilisation de ce traitement dans l’ensemble de l’industrie minière mondiale.