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Johannes J. Brummer (1921 - 2005) intronisé en 2008

Johannes J. (Joe) Brummer a été l’un des plus éminents géologues prospecteurs du Canada. Au cours de sa carrière diversifiée, depuis ses premières années prometteuses passées dans la zone cuprifère africaine et durant les cinq décennies mouvementées qui ont suivi au Canada, il a continuellement travaillé à l’élaboration de techniques d’exploration novatrices dans les domaines de la géochimie, de la géologie du pléistocène et de la géophysique. Son désir d’innover et de mettre à l’épreuve des techniques de prospection et des théories géologiques nouvelles et originales ont contribué à la découverte d’au moins dix mines et gisements minéraux sur deux continents.

Johannes J. Brummer est né à Graff Reinet, province du Cap, Afrique du Sud, en 1921. Spécialiste en géologie économique et diplômé en génie minier (1943) et en géologie minière (1945) de l’Université de Witwatersrand, Afrique du Sud, il a obtenu un doctorat de l’Université McGill, à Montréal, en 1955. Jeune géologue travaillant en Zambie, il a contribué à la création du modèle de la discordance/strates pour la zone cuprifère, opposé au modèle hydrothermal qui prévalait à l’époque.  Ses travaux ont contribué à la découverte de plusieurs gisements le long de la zone.

M. Brummer a amorcé sa carrière canadienne avec Kennco Explorations, en 1955. Au cours des six années suivantes, il a introduit les concepts de géochimie des sédiments fluviatiles au Canada. Ses efforts ont contribué à la découverte de gisements minéraux au Canada, dont plusieurs vastes dépôts de cuivre porphyrique et de cuivre-or dans la cordillère occidentale. Il a ensuite travaillé pour Les Mines Falconbridge Nickel Limitée et a appliqué des concepts géologiques et des méthodes géophysiques nouveaux pour contribuer à la découverte de trois gisements dans la zone de nickel du Manitoba. Son équipe a découvert le prolongement aval-pendage du gisement de cuivre-zinc de Rod, au Manitoba et, par le repérage des blocs minéralisés et l’étude de la géologie du pléistocène, a découvert le gisement de zinc de George Lake, en Saskatchewan.

En 1970, Johannes J. Brummer est nommé directeur de la prospection à Canadian Occidental, poste qu’il conservera jusqu’en 1983. Il a reconnu le potentiel de gisements du type discordant sans affleurement dans le bassin de l’Athabaska, en Saskatchewan, et a utilisé des méthodes géophysiques novatrices pour s’en assurer, notamment la première étude de reconnaissance utilisant le compteur alpha, en 1976. Trois ans plus tard, sous sa direction, un trou creusé à la verticale dans une anomalie alpha-électromagnétique a recoupé une minéralisation à teneur commerciale sous les 162 mètres dans le grès de l’Athabaska.  La découverte des deux gisements d’uranium de McClean Lake a été suivie, en 1982, de la découverte du gisement d’uranium de JEB, maintenant épuisé.

La passion de Joe Brummer pour la prospection s’est étendue à des types de gisements très variés, y compris la recherche de diamants en Amérique du Nord. Sa découverte de kimberlites (économiquement non exploitables) dans la région de Kirkland Lake, en Ontario, dans les années 1980, l’a fait connaître comme l’un des pionniers de la prospection diamantaire au Canada. Il a publié de nombreux articles importants sur la géologie des gisements minéraux canadiens et sur les techniques de prospection et a impressionné ses pairs par la profondeur, l’étendue et la diversité hors du commun de ses connaissances géologiques et par son désir de partager son savoir, comme en témoignent les trois médailles d’or Barlow que lui a décernées l’ICM. Il a reçu plusieurs autres distinctions prestigieuses, dont la médaille Duncan Derry, en 1984, la plus haute distinction décernée par la Division des gisements minéraux de l’Association géologique du Canada.