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John Convey (1910 - 2006) intronisé en 2006

John Convey a apporté des contributions innovatrices à la recherche dans les domaines de la métallurgie, de la physique atomique et de l’exploration minérale, mais il est mieux connu pour avoir aidé à propulser plusieurs institutions et organismes canadiens, notamment la Direction des mines du Canada(depuis rebaptisée CANMET) durant sa période de croissance et d’influence la plus importante. Il a mis à profit ses compétences techniques et son leadership auprès de la Monnaie royale canadienne, de l’Institut de soudage du Canada et de nombreuses associations industrielles et sociétés technologiques.

M. Convey s’est taillé une réputation internationale pour sa grande influence bienfaisante sur l’organisation, l’orientation et la planification des sciences de la métallurgie, de l’exploitation minière et des matériaux un peu partout au Canada. Brillant scientifique et ardent défenseur de la recherche, on lui demandait souvent de prendre la parole comme conférencier en raison de sa capacité de mettre en valeur les bienfaits de l’innovation technologique auprès du gouvernement, de l’industrie et du grand public.

Né en Grande-Bretagne dans une famille de mineurs de charbon, M. Convey a déménagé en Alberta en 1929. En 1933, il a obtenu de l’Université de l’Alberta un baccalauréat spécialisé en physique, suivi d’une maîtrise en physique en 1936. Après que l’Université de Toronto lui a décerné un doctorat en physique atomique en 1940, il s’est enrôlé dans la Marine royale canadienne, pour être finalement détaché auprès de la Marine royale en Grande-Bretagne, où il a aidé à « désamorcer » les mines magnétiques qui menaçaient les navires alliés. Il a été élu membre du British Institute of Physics pour ses contributions à l’effort de guerre dans le domaine de la métallurgie et en 1942, a remporté le prix Sorby pour ses recherches inédites. Il a entrepris des missions spéciales au Canada et aux États-Unis jusqu’en 1945, et en 1946, il était à la tête d’une agence du renseignement britannique qui s’occupait de filtrer les scientifiques allemands s’étant livrés en temps de guerre à des activités liées à la métallurgie et à la physique nucléaire.

Après la guerre, M. Convey a entrepris une nouvelle carrière comme professeur agrégé à l’Université de Toronto, où il a pris en charge l’élargissement de la Faculté de physique à Ajax dans le but d’accueillir les étudiants d’après-guerre. En 1948, il a accepté le poste de métallurgiste en chef aux Laboratoires de métallurgie physique de la Direction des mines du Canada et a été nommé chef de la Division de la métallurgie physique au moment où celle-ci a vu le jour en 1949.

M. Convey a été nommé directeur de la Direction des mines au sein du ministère fédéral de l’Énergie, des Mines et des Ressources en 1951. Il a assumé ce rôle pendant deux décennies, durant une période de croissance économique et gouvernementale sans précédent. Il est parvenu à convaincre les dirigeants politiques que le Canada devait pouvoir compter sur les progrès technologiques pour conserver son avantage concurrentiel. En peu de temps, les laboratoires du ministère sont devenus des centres d’excellence pour la recherche nationale en matière d’exploitation minière, de métallurgie et de ressources énergétiques. En sa qualité de scientifique, il a toujours insisté sur la nécessité de mener des recherches indépendantes, mais en tant que pragmatiste, il s’est prononcé en faveur d’une collaboration plus étroite entre l’industrie et les milieux scientifiques dans le but d’assurer le développement de la nouvelle technologie pour le mieux-être de la société. La croissance de l’économie industrielle du Canada s’est accompagnée du besoin d’établir des normes et d’assurer le contrôle de la qualité. M. Convey a mis à contribution son expertise et sa clairvoyance au profit d’organismes comme l’Association canadienne de normalisation et l’Institut de soudage du Canada. Il a aussi guidé la Monnaie royale canadienne durant une période de transition vers des pièces de circulation fabriquées à partir d’alliages de métaux.

Les réalisations de M. Convey lui ont valu des doctorats honorifiques et de nombreux prix de l’industrie, notamment le prix Alcan en 1972 et la médaille Blaylock de l’Institut canadien des mines, de la métallurgie et du pétrole en 1956 pour sa contribution au développement de l’énergie atomique contrôlée au Canada.