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Robert William Boyle (1920 - 2003) intronisé en 1992

Robert Boyle a grandi dans le sud ouest de l’Ontario, où il a développé une fascination et un amour pour les sciences et le milieu naturel. Il a apporté beaucoup à l’industrie minière, mais sa plus grande réalisation est son travail de bâtisseur dans le domaine de la géochimie. Il a aidé à mettre au point des méthodes géochimiques spécialement adaptées à l’environnement canadien et, grâce à son expérience sur le terrain, il a en a fait des outils de travail véritablement pratiques aux fins de l’exploration minérale.

Après avoir obtenu son diplôme d’études secondaires, M. Boyle a travaillé pour un groupe de prospecteurs jusqu’en 1939, moment où la guerre a été déclarée en Europe. Pendant qu’il servait son pays, outre mer, il s’est inscrit à des cours de géologie, au Imperial College de Londres, de même qu’à des cours par correspondance à l’Université Queen’s, à Kingston. Après son retour au Canada, il a repris ses études et obtenu son B.Sc. en géologie minière, à l’Université de Toronto, en 1949. Il a passé ses étés à faire de la cartographie et à travailler à des sites miniers, y compris à la mine aurifère de Yellowknife, ce qui a éveillé en lui un vif intérêt à l’égard de la formation et de la chimie des gisements d’or. Il a obtenu sa maîtrise en sciences en 1950, et son doctorat en 1953.

En 1952, M. Boyle s’est joint à l’équipe de la Commission géologique du Canada (CGC) et a poursuivi son travail sur le gisement d’or de Yellowknife. C’est là qu’il a élaboré ses théories sur le latéralisme, qui ont joué un rôle déterminant dans la compréhension de la formation et de l’interprétation des halos endogènes qui entourent certains types de gisements minéralisés.
En 1953, il a exploré la région de Keno Hill, au Yukon, où son intérêt pour la géochimie de subsurface a pris une importance considérable. Son travail dans ce domaine a donné une nouvelle orientation à la géochimie, à la CGC, et les résultats obtenus par M. Boyle en ce sens, de même que son travail ultérieur avec C.F. Gleeson, ont été publiés dans une série de rapports. Le travail mené à Keno Hill a permis de démontrer pour la première fois (ailleurs qu’en URSS) que la géochimie pouvait être utilisée en milieu pergélisolé. Les méthodes mises au point par M. Boyle, à Keno Hill, ont permis de relancer un camp minier qui, à cette époque, était en voie de fermer. L’exploitation s’y est poursuivie jusque durant les années 80.

En 1955, M. Boyle a persuadé la CGC d’établir un laboratoire d’études sur la prospection géochimique. Il a entrepris un programme de cartographie dans les Maritimes, où il a mené des levés régionaux expédiés sur les “métaux lourds”. Au fil des ans, la division a pris de l’expansion, et le travail sur l’élaboration de méthodes géochimiques spécialement adaptées aux environnements canadiens a pris un nouvel essor.

En reconnaissance de son travail fondamental dans le domaine de la prospection géochimique au Canada, M. Boyle a été élu fellow de la Société royale du Canada en 1957. Plus tard, il a participé à la préparation de documents traitant du rôle et de l’importance de la géochimie au Canada, qui ont été présentés au gouvernement afin de faciliter l’élaboration d’une politique scientifique cohérente.

Le travail ultérieur de M. Boyle a été varié, et il a même passé un certain temps au camp de la mine d’argent de Cobalt, en Ontario. Après avoir quitté son poste de chef de la section de géochimie, en 1967, il est devenu scientifique de projets spéciaux, dirigeant des projets axés sur sa grande passion : les métaux précieux. Il a publié beaucoup de rapports, dont le document intitulé Gold: History and Genesis of Deposits, en 1987, de même que des rapports sur la prospection géochimique pour d’autres types de gisements, comme ceux de thorium et d’uranium.

L’industrie a reconnu l’apport de M. Boyle aux sciences et à la géochimie, mais ce dernier ne s’est pas endormi sur ses lauriers. Il est devenu un ambassadeur de sa profession; il a toujours été disposé à travailler avec de jeunes spécialistes en sciences de la Terre, à les encourager, à les conseiller et à les diriger dans leur quête de savoir dans les domaines de l’exploration géochimique et des gisements minéraux.