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Joseph Errington (1871 - 1942) intronisé en 1993

Joseph Errington personifie l’esprit qui règne dans le secteur minier d’avant la Deuxième guerre mondiale, alors que le pays tente de s’arracher de la Dépression des années trente et que le secteur minier devient un atout majeur dans la création d’un Canada d’après-guerre prospère et dynamique. Errington doit d’abord sa bonne fortune au succès de la mine d’or Little Long Lac près de Geraldton (Ontario), mais son entreprise la plus remaquable est certainement le développement de la mine de fer Steep Rock à l’ouest de Thunder Bay (Ontario).

Errington naît en 1871 dans le sud-ouest de l’Ontario et y fréquente l’école secondaire. En 1899, il ouvre la mine Massey pour le président de la Canadian Copper Company, le colonel R.M. Thompson de New York. Errington est maire de la ville de Massey (Ontario) pendant six ans.

En 1926, il s’associe avec l’éminent géologue Thayer Lindsley pour un projet à Sudbury; le projet s’écroulera, victime des faibles prix des métaux pendant la Dépression. Les fonds investis aboutissent toutefois, en 1928, au développement de Falconbridge Nickel Mines (maintenant Falconbridge Limitée.).

En 1933, la compagnie Little Long Lac Gold Mines est incorporée; Errington en devient président et Lindsley, vice-président. De 1934 jusqu’à 1956, année où les réserves de minerai sont épuisées, Little Long Lac produit pour plus de 22 millions de dollars d’or et est la pierre angulaire de ce qu’est devenu Lac Minerals.

Aussitôt que la mine Little Long Lac est opérationnelle, Errington commence à développer la mine d’or MacLeod-Cockshutt, située aussi dans la région de Geraldton. Elle entre en production en 1938.

Se fondant sur la théorie selon laquelle les roches contenant du fer prenaient leur origine sous les eaux du lac Steep Rock, Errington forme un groupe pour trouver le financement et ordonne de forer le fond du lac. Bien que les premiers forages soient négatifs, Errington persévère et localisera finalement des gisements importants de fer à haute teneur qui s’étendent sous l’eau du lac aux rives escarpées.

Le développement de Steep Rock représente un formidable défi. L’exploitation du premier gisement de la mine du même nom est un des plus grands triomphes de l’ingénierie canadienne. On a dû creuser deux canaux pour détourner les eaux de la rivière Seine et d’énormes dragues à succion ont été utilisées pour retirer l’eau du lac et les épaisses couches de limon du fond.

La mine Steep Rock devient un projet prioritaire au cours de la Deuxième guerre mondiale à cause de son importance stratégique en tant que source potentielle de minerai de fer. Après cinq ans d’efforts, le premier minerai y est produit en octobre 1944. Toutefois, Errington meurt en 1942, avant que le projet ne soit complété.

Au cours de sa carrière, Errington s’associe avec les principaux découvreurs de mines de son époque: Lindsley, Jules Timmins, John Hammell et d’autres et est impliqué dans plusieurs autres projets miniers. “Joe Enington appartient à cette race trop rare de citoyens sur lesquels un pays jeune comme le nôtre peut compter pour se développer et progresser”, disait de lui un de ses amis, le général D.M. Hogarth. “Il était un meneur de meneurs. Plus la scène des opérations était éloignée, plus les problèmes étaient nombreux et compliqués, plus il était motivé à surmonter les obstacles que d’autres auraient considérés comme insurmontables”.