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Nathanael V. Davis (1915 - 2005) intronisé en 2006

Pendant près de quarante ans, Nathanael Davis a été la force motrice de la société Alcan au moment où celle-ci se transformait en une multinationale canadienne progressiste et un chef de file mondial dans l’industrie polyvalente de l’aluminium.

Homme posé et sans prétentions, M. Davis a propulsé la société Alcan sur la scène mondiale tout en lui faisant à son tour découvrir le monde, grâce à ses qualités personnelles qui inspiraient une confiance quasi universelle. Sous sa direction, la pratique qui consiste à « faire la bonne chose » est devenue une discipline d’entreprise bien avant qu’elle devienne une pratique générale en vogue. Ses principes, tacites au début, ont été incorporés dans un manifeste officiel en 1978, ce qui en font l’un des premiers précurseurs des codes de déontologie d’entreprise d’aujourd’hui.

Né à Pittsburgh, en Pennsylvanie, en 1915, M. Davis a obtenu son diplôme cum laude de l’Université Harvard en 1938 et son diplôme de la London School of Economics en 1939. Il a ensuite joint les rangs d’Alcan, où il s’occupait des envois en temps de guerre d’aluminium canadien à des acheteurs américains. Il a aussi contribué personnellement à l’effort de guerre à titre d’officier dans la marine américaine, surtout sur le théâtre d’opérations du Pacifique, de 1942 à 1945. En 1947, à l’âge de 32 ans, M. Davis a succédé à son père Edward comme président d’Alcan, devenant ainsi l’un des plus jeunes chefs de direction à la tête d’une grande entreprise internationale.

La période d’après-guerre a été marquée par une hausse de la demande d’aluminium, considéré alors comme un « métal prodigieux » pour son utilisation dans les transports, le bâtiment, le transport d’électricité et l’emballage. M. Davis a guidé Alcan au moment où la société se lançait dans ce qui était à l’époque le plus grand projet jamais entrepris par une entreprise privée dans l’histoire canadienne, le projet Kitimat-Kemano dans le nord-ouest de la Colombie-Britannique. Les travaux ont débuté en 1950 par le développement et la construction d’une grande centrale hydroélectrique et d’une aluminerie dotée d’une capacité de 286 000 tonnes. M. Davis a modernisé les usines d’aluminium d’Alcan au Québec. La production a doublé, atteignant 800 000 tonnes par année vers la fin des années 1980, contribuant ainsi au succès du secteur de la fabrication au Québec et en Ontario. M. Davis a favorisé la croissance d’Alcan au moment où la société investissait dans de nouvelles mines de bauxite, notamment en Jamaïque, ainsi que dans de nouvelles usines et alumineries dans des douzaines de pays. Durant la période où il a occupé le poste de chef de direction, l’actif net d’Alcan a été multiplié par 15, son chiffre de vente par 29 et son profit net par 16. En 1986, sept ans après que M. Davis est devenu président du conseil non administratif, Alcan était une entreprise internationale affichant un chiffre d’affaires de 6 milliards $ et comptant 67 000 employés à l’échelle internationale, dont 16 000 au Canada.

M. Davis était aussi un philanthrope, ayant été pendant 33 ans président du Conseil des fondations Arthur Vining Davis, créées par son oncle. En 2004, ces fondations ont octroyé des subventions totalisant 9,9 millions US$, à l’appui d’institutions culturelles, scientifiques et religieuses, ainsi que d’établissements d’enseignement aux États-Unis. Cependant, l’héritage le plus important qu’il a laissé est peut-être la vénération que lui portaient les employés et ses collègues tant au Canada qu’à l’étranger. Si l’un des attributs d’un chef d’entreprise est d’être « davantage un mentor qu’un homme d’affaires puissant », M. Davis a été un chef de file sans pareil. Comme l’écrivait un ancien employé qui lui rendait hommage après sa mort : « La période pendant laquelle il a occupé le poste de président du Conseil et chef de direction a été l’une des périodes les plus stimulantes au chapitre du développement international d’Alcan. Mais c’est en tant que personne et être humain qu’il a influé sur la vie de nombre d’entre nous. Il a su donner un ton d’honnêteté et d’intégrité qui se répercutait dans tous les projets d’Alcan et qui nous accompagnait dans toutes les régions éloignées du monde où nous exercions nos activités. »