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Bruce J. Grierson (b. 1939) intronisé en 2006

Bruce Grierson a apporté des contributions durables au secteur minier au Canada et à l’étranger durant ses quarante années de carrière à la société Rio Tinto Iron & Titanium (RIT) et sa filiale, QIT-Fer et Titane (QIT). Lorsqu’il a pris sa retraite en 2000, RIT était le principal fournisseur au monde de matières premières pour le titane entrant dans la fabrication des pigments utilisés dans les peintures, le papier et les plastiques, le chiffre total de ventes dépassant le cap du milliard US$ par année.

M. Grierson était plus qu’un ingénieur métallurgiste novateur et un homme d’affaires astucieux s’occupant de l’exploitation, du traitement et du marketing de produits miniers auprès des clients étrangers. Il était un chef de file apte à motiver les équipes de projet et ses collègues d’entreprise en mettant en valeur les buts communs et une même raison d’être. Il s’est attiré le soutien des intervenants dans les activités minières par son humour, son humilité et sa capacité innée à établir et entretenir des rapports personnels avec des personnes de toutes conditions, partout dans le monde.

M. Grierson a joint les rangs de QIT après avoir obtenu son diplôme d’ingénieur métallurgiste de l’Université McGill en 1961. Sa première grande réalisation a été de mettre sur pied une équipe de recherche multidisciplinaire qui a établi des systèmes automatisés de contrôle des procédés pour la fonderie de QIT, ce qui a permis d’améliorer grandement sa productivité. L’installation de QIT à Sorel est la plus grande fonderie électrique à arc ouvert au monde et elle traite l’ilménite provenant de la mine du Lac Allard de QIT. La prochaine difficulté qui s’est posée à QIT a été de produire une matière première pouvant servir dans le marché grandissant des procédés de traitement au chlore, du fait que sa matière première, le « Sorelslag », qui approvisionnait alors le secteur des sulfates, ne convenait pas pour les procédés de traitement au chlore. M. Grierson a cerné la possibilité d’utiliser le procédé de fonte de QIT dans le but d’obtenir des produits de meilleure qualité à partir de l’ilménite contenue dans le sable de plage, qui comportait des niveaux plus bas d’impuretés chimiques. Il a aussi aidé la société à recenser d’importants gisements de ces minerais à Richards Bay, en Afrique du Sud.

En 1974, M. Grierson a été nommé chef de direction du consortium dirigé par QIT qui a bâti une nouvelle mine et un complexe de traitement à Richards Bay. Ce fut là une entreprise complexe, alliant des techniques minières novatrices, la concentration à bord des dragues flottantes, la séparation des minéraux lourds, la modernisation des usines et des technologies de fonte avant-gardistes. Le projet a été un grand succès technique et commercial et, grâce au soutien des collectivités locales, il s’est développé progressivement sur les plans social et environnemental. Richards Bay est la plus grande installation au monde qui traite les minéraux lourds et l’ampleur de ses opérations n’a d’égale que les opérations de fonte de QIT au Québec.

Dans les années 1980, M. Grierson a gravi les échelons à QIT et plus tard, à RIT : il a été le premier Canadien à être nommé président et directeur de l’exploitation, avant de devenir président du conseil et chef de la direction. Au cours de cette période, il a exercé un leadership du point de vue stratégique et du marketing au fur et à mesure que les mises au point de nouveaux produits spécialisés se succédaient rapidement, notamment des produits du fer et de l’acier à haute pureté, des billettes d’acier de qualité supérieure, de la poudre d’acier et une matière première à haute teneur appelée « Upgraded Slag » (technologie UGS). Plus de 80 % des produits vendus aujourd’hui par la société n’existaient pas sous leur forme actuelle avant 1975.

M. Grierson a passé sa carrière au sein d’un secteur plus modeste de l’industrie minière et pendant trop longtemps, il a été l’un des héros méconnus du secteur minier. Et pourtant, ses réalisations ont eu de profondes ramifications et procureront des avantages inestimables à de nombreuses industries ainsi qu’à l’ensemble des économies canadienne et internationale pendant plusieurs décennies encore. En 2001, l’Université de Sherbrooke lui a décerné un doctorat honorifique en sciences en reconnaissance de ses activités dans le secteur technique.