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Joseph H. Hirshhorn (1900 - 1981) intronisé en 1996

Joseph Hirshhorn a immigré au Canada en 1933, attiré par les possibilités qu’offraient l’exploitation aurifère au pays. En bon promoteur et entrepreneur qu’il était, il marqua son arrivée en plaçant, dans la revue The Northern Miner, une annonce pleine page intitulée “Mon nom est Possibilité, et je lance un appel au Canada.”

Le Canada a répondu à cet appel, et c’est ainsi que M. Hirshhorn a eu une carrière remarquable dans l’industrie minière du pays. Il a non seulement financé la découverte et l’aménagement du champ d’uranium de Blind River, en Ontario, sa réalisation la plus importante, mais il a également contribué à l’établissement de nombreuses autres mines canadiennes.

M. Hirshhorn est né à Jukst, en Lettonie, et sept années plus tard, sa mère, devenue veuve, s’est amenée aux États Unis avec ses six enfants. Élevé à Brooklyn (New York), Joseph vendait des journaux sur la rue pour aider sa mère à faire vivre sa famille. Il a quitté l’école à l’âge de 15 ans pour travailler comme coursier sur Wall Street, et le marché financier est vite devenu une des choses les plus importantes dans sa vie. On dit qu’à l’âge de 29 ans, M. Hirshhorn avait déjà accumulé quatre millions de dollars. Spéculateur astucieux, il a vendu toutes ses actions avant l’effondrement du marché boursier, en 1929, et il s’est tourné vers l’exploitation minière canadienne lorsque le prix de l’or s’est élevé à 35 $ US l’once, en 1932.
Au Canada, M. Hirshhorn a rencontré les prospecteurs Fred Marshall et Arthur Cockshutt, qui vendaient des parts dans le consortium Little Longlac qu’ils avaient constitué afin d’aménager une découverte d’or située près de Geraldton, en Ontario. M. Hirshhorn a fait l’acquisition de 200 parts totalisant un investissement de 2 000 $, qu’il a revendues 500 000 $ après la découverte de la mine.

M. Hirshhorn a fourni à l’ingénieur minier Robert Bryce une bonne partie du financement dont il avait besoin pour amener au stade de production la mine d’or Macassa, au siège minier de Kirkland Lake. Il a également aidé Doug Wright à aménager la mine Preston East Dome, au siège minier de Porcupine.

Grâce à cette initiative, M. Hirshhorn, qui passait jusqu’alors pour un aventurier, allait dorénavant être reconnu comme un “maître d’oeuvre” de l’industrie. C’est également cette mine qui est devenue la principale source de financement de sa plus grande réalisation : le champ d’uranium de Blind River, en Ontario.

En 1949, M. Hirshhorn a eu le pressentiment que l’uranium deviendrait un minéral important, et il s’est associé au Dr. Franc Joubin pour mettre en valeur des gisements uranifères. Les travaux ont été menés par Technical Mine Consultants (TMC), une société que M. Hirshhorn avait constituée pour traiter les aspects techniques de ses activités minières.

La première réussite uranifère fut la mise en valeur du gisement Rix, en Saskatchewan, qui a été aménagé en 1952 et est devenu la mine Rix Athabaska, une mine petite mais rentable. Les activités de TMC dans la province ont également mené à l’acquisition du gisement cupro aurifère La Ronge, qui est devenu par la suite la mine Anglo Rouyn, une autre mine rentable. Les plus grandes réalisations de TMC ont été la découverte et la définition du district uranifère de Blind River­Algoma, et l’aménagement subséquent de huit des 12 mines d’uranium éventuelles, dans la région : les mines Pronto, Nordic, Quirke no. 1, Quirke no. 2, Buckles, Spanish American, Panel et Milliken. TMC a également amené la mine de cuivre cobalt Pater au stade de production, dans la même région. Le rôle premier de M. Hirshhorn consistait à fournir les fonds qui, dans le cas des aménagements de Blind River, se sont chiffrés, en bout de ligne, à près de 250 millions de dollars avant qu’une entente générale soit conclue avec Rio Tinto. Dans les années 1980, un analyste a évalué que les découvertes de Blind River, de TMC, avaient ajouté quelque 30 milliards de dollars à l’économie canadienne. Nous devons cette réalisation en grande partie à la conviction et à l’énergie de M. Hirshhorn, de même qu’à sa confiance en le potentiel minéral du Canada.