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Robert John Isaacs (1905 - 1997) intronisé en 2000

Robert Isaacs est surtout reconnu pour son rôle dans la découverte et la mise en valeur des gisements plombo-zincifères massifs du Nouveau- Brunswick, l’assise de la Brunswick Mining and Smelting. Ingénieur minier talentueux, M. Isaacs aida aussi à financer et développer de nombreux autres projets, en particulier à Terre-Neuve, où il est renommé pour avoir bâti des mines à peu de frais et à faibles coûts d’exploitation. Grâce à sa vision prospective, des milliers d’emplois furent créés dans l’Est du Canada.

M. Isaacs grandit à Thornbury, en Ontario, dans la région de la baie Georgienne. Il était encore au secondaire lorsqu’il commença, avec son frère, à faire de la prospection dans le Nord de l’Ontario. Les jeunes prospecteurs jalonnèrent suffisamment de claims pour permettre à M. Isaacs de poursuivre ses études en génie minier à l’Université de Toronto.

Après avoir obtenu son diplôme, en 1931, M. Isaacs se joignit à l’entreprise d’exploration Prospectors Airways. Au milieu des années 1940, durant des travaux de forage près de Stull Lake, au Manitoba, il fit la connaissance de James Boylen avec qui il forma un partenariat solide qui allait durer 25 ans. Les compétences de M. Isaacs en génie et en gestion, jumelées au flair de M. Boylen pour la promotion et le financement, permirent aux deux hommes de développer dix mines dans l’Est du Québec, dont le vaste projet de la Brunswick Mining and Smelting.

Le récit de la Brunswick commence en 1952. M. Isaacs entendit alors parler d’une minéralisation plombo-zincifère, découverte par un étudiant en géologie à l’ancienne mine de fer Drummond, au Nouveau-Brunswick. Intrigué, il téléphona à M. Boylen qui prit une option sur la propriété en leurs noms. Leurs travaux d’exploration subséquents menèrent à la découverte du gisement no 6, alors décrit par le Northern Miner comme le premier gîte de sulfures massifs dans la région de Bathurst.

En 1953, le gisement no 12 fut découvert, et la planification de la mine commença immédiatement. M. Isaacs travailla ensuite sans relâche au développement d’un vaste complexe comptant une mine, une usine et une fonderie.

En 1955, MM. Isaacs et Boylen fondèrent la société Mindecon qui termina les travaux de génie minier et d’aménagement à Bathurst selon l’échéancier fixé et à un coût moindre que prévu. Les concentrés étaient expédiés en Europe en vue de leur traitement, mais en 1961, M. Isaacs constitua une autre société pour financer et construire une fonderie, une usine d’acide et une usine d’engrais. Les Mines Noranda firent l’acquisition du projet en 1965, au coût de 65 millions de dollars, et assurèrent la réussite de ce complexe minier et métallurgique.

Les efforts de MM. Isaacs et Boylen au projet Brunswick ne passèrent pas inaperçus, et les investisseurs leur donnèrent leur appui pour développer d’autres propriétés. Ces années furent fructueuses tant pour le partenariat Isaacs-Boylen que pour Terre-Neuve, où les deux hommes menèrent la plus grande partie de leurs travaux.

Durant les années 1950 et 1960, MM. Isaacs et Boylen développèrent, pour Gulbridge Mines, une mine de cuivre produisant 2 000 tonnes de minerai par jour, puis une autre exploitation de cuivre de taille comparable à Tilt Cove pour la First Maritime Mining. Ils aménagèrent une mine d’amiante et une mine cupro-zincifère dans la région de Baie Verte, ainsi qu’une mine de cuivre et une usine de traitement pour Atlantic Coast Copper. Au Québec, ils développèrent une mine de zinc-argent au lac Bachelor pour la société Coniagas Mines.

En menant ses nombreux projets, M. Isaacs ne manqua jamais de prêter une attention particulière aux questions financières. Les années de la grande récession, au tout début de sa carrière, l’aidèrent probablement à développer sa rigueur financière.