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James Roycroft Gordon (1898 - 1980) intronisé en 1992

James Roycroft Gordon a connu une longue et illustre carrière chez Inco Ltd. où il gravit les échelons pour devenir le premier président de la compagnie né au Canada. Toutefois, ce sont ses contributions comme scientifique, dont une grande partie prennent place avant qu’il joigne la haute direction de la compagnie, qui constituent sa principale réussite.

Bien avant que les questions environnementales ne soient en vogue, Gordon réussit une percée technologique en métallurgie qui permet à la compagnie de retirer une quantité beaucoup plus grande de minerai de ses gisements au lieu de le rejeter avec les résidus ou de le brûler.

Avec son équipe de recherche, il développe, pour la séparation du cuivre-nickel, la méthode de flottation de la matte qui remplace la méthode Orford; c’est la première amélioration importante dans la métallurgie du nickel depuis l’introduction de la méthode Orford cinquante ans plus tôt.

Gordon naît le 26 mai 1898, à Glenvale, près de Kingston en Ontario. Il obtient un baccalauréat en Sciences (chimie) de l’université Queens en 1920 et y retourne trente-cinq ans plus tard, pour y recevoir un doctorat honorifique en droit. Il sert dans l’artillerie canadienne au cours de la Première guerre mondiale puis, pour son premier emploi, travaille avec J. O’Brien sur une recherche portant sur les gisements complexes de la région de Cobalt en Ontario. En 1929, il se joint à la jeune Ontario Research Foundation à titre de directeur-adjoint.

Là, ses talents en recherche industrielle fleurissent; il y poursuit des travaux sur plusieurs sujets comme l’analyse du bronze-nickel, l’applicabilité de la réduction à basse température à certains minerais de fer d’Ontario, et plusieurs autres.

En 1936, Inco l’engage à son nouveau laboratoire à Copper Cliff, Ontario, pour diriger la recherche sur les procédés en vue d’atteindre une efficacité et une récupération accrues. Son premier projet réussi consiste à réduire la perte du métal en scories. Sa réalisation majeure suivante consiste en une réduction du coût de la séparation du cuivre-nickel qui débouche sur la méthode de flottation de la matte.

En plus de cette méthode, le laboratoire met au point l’affinage du cuivre par éclair duquel découlent un recouvrement accru de soufre, un procédé amélioré pour le fer à haute teneur et le procédé de raffinage du nickel par anode.

En 1948, il reçoit la médaille de l’Institut canadien des mines et de la métallurgie pour sa contribution aux procédés métallurgiques dans l’affinage et le raffinage du nickel. En 1957, il reçoit la médaille d’or John Douglas de l’Institut américain des mines, de la métallurgie et du pétrole, toujours pour ses travaux sur les procédés métallurgiques.

En 1941, Gordon est nommé adjoint au vice-président, faisant ainsi son entrée dans le cercle qui allait finalement le propulser au sommet de la compagnie. En 1960, lors de la première réunion des directeurs de la compagnie à se tenir à Thompson, Manitoba, il est élu président de la International Nickel Company of Canada et de sa filiale, la International Nickel Company of New York.

Gordon meurt en 1980.