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Vladimir Nicolaus Mackiw (1923 - 2001) intronisé en 2003

La vie de Vladimir Mackiw illustre exceptionnellement bien comment l’industrie minière canadienne met au point et utilise des technologies novatrices et avancées pour créer des procédés et des produits qui enrichissent l’économie non seulement du Canada, mais aussi du reste du monde.

Ses réalisations à titre de scientifique, inventeur et industriel se voient chaque jour dans quelque 25 usines commerciales de par le monde qui utilisent les technologies mises au point par l’équipe de chercheurs qu’il a formée et dirigée au sein de l’organisation Sherritt.

Sa carrière professionnelle extrêmement productive s’est échelonnée sur près d’un demi-siècle chez Sherritt, où ses réalisations se traduisent de différentes façons : un vaste complexe de Sherritt a été nommé en son honneur – le Mackiw Materials Centre – à Fort Saskatchewan; plus de 45 brevets lui sont attribués; et il est l’auteur ou le co-auteur de plus de 50 rapports techniques publiés. Toutes ces réalisations scientifiques se rapportent à la métallurgie extractive, à l’hydrométallurgie et à la métallurgie des poudres.

Vladimir Mackiw a eu le rare privilège d’inventer et de mettre au point un procédé, de l’amener à l’étape de l’usine pilote, puis de le faire avancer jusqu’à la conception et la mise en service d’une usine commerciale, et enfin d’en gérer l’exploitation continue. L’industrie minière canadienne lui a offert cette possibilité à plusieurs reprises, et il l’a saisie à chaque fois.

Au début de sa carrière, il a collaboré avec le regretté professeur Frank Forward, de la University of British Columbia, à la définition des conditions optimales de la lixiviation sous pression du concentré de sulfure de nickel-cobalt dans des solutions ammoniacales. Son équipe a élaboré la formule chimique nécessaire pour séparer le nickel du cobalt et déterminé les conditions optimales pour récupérer le nickel et le cobalt sous forme de poudres au moyen de la technique de réduction par l’hydrogène.

Des recherches ultérieures plus poussées dans le domaine de la métallurgie des poudres ont mené au développement du procédé de pressage des poudres pour la production de pièces de monnaie, et à la mise au point de poudres composites spéciales pour la fabrication de joints abradables de moteurs d’avions. Un alliage composite a d’ailleurs été mis au point pour la fabrication du « dollhuard » canadien, une pièce de monnaie inusitée.

Son apport à la métallurgie extractive comprend des percées importantes dans le domaine de la lixiviation acide sous pression des minerais aurifères et des minerais d’oxyde de nickel-cobalt, de même que de la lixiviation sous pression des sulfures de zinc et de cuivre.

Les travaux d’avant-garde de son équipe de recherche ont démontré la propreté et la rentabilité de la technologie des procédés hydrométallurgiques sous pression pour le nickel, le cuivre, le zinc, l’or réfractaire et l’uranium.

Né a Stanislawiw, dans l’ouest de l’Ukraine, Vladimir Mackiw a étudié aux universités de Breslau et d’Erlangen, en Allemagne, où il a obtenu sa M.Sc. en chimie en 1948. Il a ensuite poursuivi ses études supérieures à l’Université de Louvain, en Belgique. Il est arrivé au Canada en 1948 et a obtenu son premier emploi à titre de chimiste à une mine d’or de Winnipeg. Après un court emploi au Bureau des mines du Manitoba, il s’est établi à Ottawa pour se joindre aux mines Sherritt-Gordon où il a rapidement gravi les échelons, passant de chimiste-chercheur au rang de vice-président exécutif. Ses vastes responsabilités comprenaient celles de la division des métaux, des affineries de nickel et cobalt, des produits de pressage et pièces de monnaie, des produits métalliques et chimiques spéciaux, de la licenciation des technologies, du centre de recherche, ainsi que des services de génie et d’entretien.

Son apport fantastique aux industries du nickel, du cobalt et du cuivre, ainsi qu’à la science, est reconnu à l’échelle internationale et se reflète dans les nombreux prix et honneurs qui lui ont été décernés par divers organismes scientifiques, académiques et industriels du Canada, des États-Unis, de France et d’Angleterre.