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Kathleen C.S. Rice (1882 - 1963) intronisé en 2014

Kathleen Creighton Starr Rice a quitté le confort et l’encadrement strict de l’ère édouardienne pour les milieux sauvages du nord du Manitoba où elle s’est fait une renommée en tant que prospectrice et entrepreneure de mines. Aidée par les Premières Nations locales, ses voyages en traîneau à chiens et en canot, à travers le Manitoba et la Saskatchewan, ont inclus un périple de 800 kilomètres entre le nord de The Pas et le lac Reindeer où elle a découvert du zinc et du vanadium en 1914. Après avoir déménagé dans la région du lac Snow, elle a jalonné des claims d’or parallèlement à la direction des mines d’or Rex, Kiski et Bingo. Au début des années 1920, elle a jalonné les premières propriétés de nickel au Manitoba, ce qui a attiré Inco (maintenant Vale) au Manitoba, et a conduit à une découverte de haute teneur évaluée à cinq millions de dollars en 1925. On lui crédite l’utilisation, dans l’Ouest, de cristaux de borax pour déterminer les types de métaux. Sa curiosité intellectuelle l’a incitée à s’intéresser à des sujets aussi variés que des articles scientifiques sur les aurores boréales et des plans de production d’électricité aux chutes Wekusko. Elle était une journaliste, une dresseuse de chiens novatrice, une horticultrice et une environnementaliste pionnière, en plus de démontrer une profonde compréhension de la culture et des connaissances des Premières Nations.

Mme Rice est née et a grandi dans une famille industrielle à l’aise dans le sud de l’Ontario. Elle a obtenu un baccalauréat en mathématiques et en physique de l’Université de Toronto en 1906. Elle a été enseignante durant cinq ans avant « d’attraper » la fièvre de l’or et de déménager au Manitoba en 1913. Elle s’est établie sur un lot de colonisation à The Pas (le lot était au nom de son jeune frère, car les femmes n’étaient pas des « personnes » à cette époque) et elle a passé des hivers à étudier la géologie et des rapports d’évaluation. Après avoir appris le cri et les techniques de survie en forêt, Mme Rice a prospecté le secteur du lac Beaver en Saskatchewan, attirée par les nouvelles d’une découverte d’or. Après une première découverte au lac Reindeer, elle s’est établie dans la région du lac Snow avec son associé de prospection Dick Woosey, un officier de l’armée à la retraite.

Mme Rice a mérité le respect de ses collègues pour avoir jalonné les claims Starr parallèlement à la direction de plusieurs mines d’or dans le camp de Snow Lake. Robert C. Wallace, le premier chef du département de géologie et de minéralogie de l’Université du Manitoba et commissaire dans le Nord du Manitoba, notait qu’il « ne connaissait aucune autre femme qui avait fait de la prospection comme elle avait fait ». Elle fit son importante découverte après avoir jalonné 16 claims de nickel et de cuivre sur l’île Rice dans le secteur du lac Wekusko en 1920 et en 1922. Elle a formé la Rice Island Nickel Company en 1928 et elle est devenue une vedette nationale en tant que «  première prospectrice au Canada »; elle est aussi célèbre pour avoir dit : « Si les femmes pouvaient comprendre les sensations fortes que procure la prospection, plusieurs d’entre elles en feraient… Aucune femme ne doit hésiter à entrer dans le domaine minier parce qu’elle est une femme – il ne faut pas tant du courage que de la persévérance ».

La première offre d’option de Ventures Ltd à Mme Rice a échoué en raison d’une poursuite de la part de son associé américain. La cause s’est étirée jusque dans les années 1930 laissant Mme Rice et M. Woosey une part de 25 % chacun. En 1948, la Canadian Nickel Company Limited (CNCL) a acquis une option sur les claims que la compagnie a renégociée en 1950. Mme Rice a continué à effectuer les paiements sur la propriété jusqu’en 1958 lorsque les options de la CNCL ont été assignées à Inco qui a alors versé un paiement final. Vale détient toujours le bail minier. L’histoire de Mme Rice, tout comme un riche filon de minerai, est de nouveau explorée et mise en valeur.