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Richard and Norman C. Pearce intronisé en 1991

Ils n’ont pas découvert un seul gisement, ni remonté une seule tonne de Minerai, mais Richard et Norman Pearce ont tenu la chronique de l’industrie minière naissante dans les pages de l’hebdomadaire Northern Miner pendant plus de 50 ans, rendant l’industrie imputable et contribuant ainsi à façonner l’une des industries les plus transparentes au pays.

Dans les pages du journal, les Pearce se battent pour obtenir des tarifs d’électricité préférentiels pour les mines, organisent des campagnes contre des projets de lois défavorables et des impôts néfastes, et cherchent à obtenir les réseaux ferroviaires et routiers nouveaux et améliorés requis par l’industrie. Leur capacité à faire face aux puissants de l’époque se réflète dans le fait que même s’ils sont impliqués à plusieurs reprises dans des causes de libelle diffamatoire, toujours comme défendeurs, ils n’eurent jamais à payer de dommages. Avec le temps, le journal devient une autorité dans le secteur minier et son tirage est le plus élevé au monde pour une publication minière.

Richard Pearce est né en 1892. Il débute sa carrière de journaliste au quotidien Toronto World. Son premier article sur les mines est une entrevue avec le fameux géologue et explorateur J.B. Tyrrell. En 1914, après avoir été refusé dans l’armée, il s’installe à Cobalt comme représentant du journal torontois. En 1916, il achète le Northern Miner, un journal qui n’a pas encore un an d’existence. Pendant les très mouvementées années de guerre, il développe les installations de l’imprimerie et crée une opération intégrée.

À la fin de la guerre, son frère aîné revient d’outre-mer. Richard le persuade de venir le rejoindre à Cobalt pour travailler avec lui. Norman C. Pearce, né en 1889, a aussi des antécédents en journalisme. Entre 1908 et 1915, il travaille comme rédacteur des questions financières et municipales au Toronto World et comme rédacteur au Sunday World. Lorsqu’il s’installe à Cobalt, il devient copropriétaire et co-éditeur du Northern Miner avec son frère.

Norman s’occupe des questions financières, pendant que Richard assure la couverture des événements en visitant fréquemment les camps miniers en opération. Ils profitent bientôt d’une vague de prospérité dans l’industrie minière et le tirage de leur journal atteint 40 000 copies. Richard y relate les premières d’une série de nombreuses histoires à succès lors de cette époque excitante, juste avant l’écroulement du marché boursier en 1929. La même année, le Northern Miner déménage à Toronto.

Le journal survit à la Dépression et même prospère lorsque la Grande-Bretagne se retire du système étalon-or en 1931. Pendant toutes ces années, les Pearce jouent un rôle actif dans le journalisme, même après avoir abandonné les tâches de rédacteurs et d’éditeurs. Ils continuent de siéger au conseil d’administration de la compagnie pendant plusieurs années.

En 1916, il fallait être un pionnier pour entreprendre des opérations commerciales dans le domaine de l’imprimerie dans le nord de l’Ontario. L’optimisme était grand, l’argent rare et l’équipement de typographie et d’imprimerie fort réduit. Sous la direction des Pearce, le Northern Miner est devenu la voix de l’industrie minière canadienne. Norman Pearce décède en 1967 et Richard Pearce en 1972.