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Robert M. Smith (1932 - 1998) intronisé en 1999

Décrit à juste titre comme “l’âme” de Barrick Gold, ont dit également de Robert Smith qu’il fut le pilier d’un des partenariats les plus efficaces de toute l’histoire minière. Si c’est la vision prospective et le sens des affaires de Peter Munk qui firent de Barrick l’une des productrices d’or les plus vastes et rentables au monde, alors qu’il en était chef de la direction, c’est l’orientation et les directives avisées de M. Smith qui permirent à son équipe technique de concrétiser la vision de M. Munk. M. Smith devint chef de l’exploitation de la société en 1984, puis président en 1987.

Le savoir-faire et les qualités de chef de M. Smith permirent à cette petite exploitation qui produisait 57 000 onces d’or, en 1984, de devenir une société de grande envergure, enregistrant une production de plus de trois millions d’onces d’or en 1996. Au fil des années, M. Smith fut associé à des projets miniers importants d’un bout à l’autre du continent, notamment avec l’aménagement des mines Betze-Post et Meikle, sur la concession minière de Goldstrike, au Nevada.

Leader de l’industrie, M. Smith accordait une importance énorme à l’innovation technologique, de même qu’à la responsabilité environnementale et sociale, au pays aussi bien qu’à l’étranger. Il fut une source d’inspiration pour les nombreux employés loyaux de Barrick, et il se mérita le respect du secteur minier du monde entier.
M. Smith grandit à Haileybury, en Ontario, où il passa ses étés à faire de la prospection. Il obtint son diplôme en génie minier à l’Université de Toronto en 1956. Ses grandes qualités de gestionnaire se manifestèrent très tôt dans sa carrière. Il perfectionna ses connaissances et acquit son expérience auprès de Denison Mines, de la Compagnie minière IOC, de Canadian Bechtel et de Camflo Mines.

Barrick fit l’acquisition de Camflo Mines en 1984 et, par le fait même, gagna M. Smith et une équipe minière considérée comme l’une des meilleures au pays. M. Smith élargit la propriété aurifère de Camflo, au Québec, qui devint éventuellement une des productrices aurifères souterraines au prix de revient le plus bas de notre continent. Il réalisa également un coup de maître à la mine Mercur, dans le Utah, dont Barrick fit l’acquisition en 1985. En 90 jours à peine, il avait réussi à y réduire les coûts de production de 290 $ É.-U. à 212 $ É.-U. l’once. En un an, la production annuelle était passée de 79 000 onces à 111 000 onces, et les réserves avaient doublé. À peine 18 mois après l’arrivée de M. Smith, la valeur de la mine Mercur avait quintuplé par rapport à son prix d’achat original.

En 1988, M. Smith mit en production la mine Holt-McDermott, près de Kirkland Lake. La découverte, en 1993, d’une zone minéralisée à forte teneur redonna un élan aux exploitations dont les résultats initiaux avaient été décevants, et permit de quasiment doubler les réserves. De nos jours, cette mine produit de l’or au coût de 140 $ É.-U. l’once.

La mise en valeur de la propriété Goldstrike fut le plus grand défi de M. Smith. Malgré des résultats initiaux modestes, il en fit une des productrices d’or les plus efficientes au monde, investissant plus de 1,3 million de dollars É.-U. dans la technologie à grande échelle. Il coordonna la conception et l’installation du plus vaste autoclave au monde, projet qui permit de faire passer de 30 % à 90% la récupération d’or.

Tout au long de sa carrière, M. Smith ouvrit la porte à de nombreux étudiants en leur procurant un emploi d’été. Son engagement à l’égard de l’éducation fut reconnu par ses pairs à l’occasion d’un événement qui a permis de recueillir plus de 1 million de dollars pour la cré de la chaire d’étude Robert Smith en conception et analyse minières géotechniques à l’Université de Toronto.

En 1993, M. Smith fut nommé l’homme de l’année du secteur minier par The Northern Miner.