header image
Seymour Schulich (b. 1940) intronisé en 2006

En sa qualité de financier, de bâtisseur d’entreprise et de philanthrope, Seymour Schulich n’a pas son pareil parmi sa génération. Il a transformé le secteur minier canadien et l’une de ses plus grades histoires de réussite a été d’appliquer le concept d’investissement des redevances provenant du secteur de l’extraction de pétrole et de gaz aux opérations aurifères. Il a également co-fondé la société minière Franco-Nevada avec son associé Pierre Lassonde. La société est passée d’une capitalisation boursière initiale de 3,5 millions $ en 1983 à plus de 3 milliards $ en 2002, au moment de sa fusion avec Newmont Mining.

M. Schulich est né et a grandi à Montréal où il a obtenu son baccalauréat en sciences de l’Université McGill en 1961. Il a commencé sa carrière à la société pétrolière Shell où il a acquis un intérêt et une appréciation pour le secteur des ressources. Une bourse de 1 600 $ lui a permis de terminer son MBA à l’Université McGill en 1965. Il a obtenu le titre d’analyste financier agréé (CFA) de l’Université de Virginie en 1969. Après quelques années à titre d’analyse en matière de ressources naturelles, il a joint les rangs de la toute nouvelle société Beutel, Goodman and Company. Il est devenu associé et vice-président, puis vice-président émérite du conseil tandis que l’entreprise devenait l’une des plus grandes sociétés de gestion de fonds de retraite au Canada.

M. Schulich a été le premier à appliquer le modèle de redevances du secteur de l’extraction de pétrole et de gaz aux opérations aurifères lorsqu’il a co-fondé la société minière Franco-Nevada dans l’espoir de tirer des revenus stables de la production à l’abri des prix cycliques. L’entreprise a versé 2 millions US$ pour acquérir les redevances couvrant une petite mine de lixiviation au Nevada. Cet investissement a rapporté gros au moment où Barrick Gold a transformé la mine de base Goldstrike en l’une des opérations aurifères les plus importantes et les plus rentables au monde.

MM. Schulich et Lassonde ont formé une seconde société de redevances et ont élargi leur portefeuille de redevances à d’autres métaux et biens. Dans les années 1990, ils ont exploité la mine d’or-argent Midas (qui porte bien son nom) pour en faire l’une des mines les plus rentables du Nevada. Plus tard, la société Normandy Mining d’Australie a acquis la mine pour 20 % de ses parts et une redevance de 5 %. Lorsqu’une entreprise sud-africaine a fait une offre pour acquérir Normandy en 2001, MM. Schulich et Lassonde ont convaincu Newmont Mining de présenter une contre-offre pour Normandy et, en même temps, ont acquis Franco-Nevada par le biais d’une fusion amicale. Les actionnaires de Franco-Nevada se sont retrouvés avec des parts de 32 % dans la plus grande société d’exploitation aurifère au monde tandis que M.Schulich devait président du conseil de la société Newmont Capital, une banque d’investissement affiliée à Newmont.

M. Schulich a mis a profit sa vitalité de l’entrepreneuriat et son ingéniosité financière au service du secteur minier et à maintes reprises, a défendu bravement ses causes. L’héritage qu’il laisse à la société est tout aussi extraordinaire et a été judicieusement décrit comme étant « l’une des plus grandes manifestations de philanthropie de l’histoire moderne. » En une décennie, il a en effet fait don de plus de 150 millions $ de sa fortune personnelle à des universités et des hôpitaux, entre autres, 20 millions $ à la Faculté de musique de l’Université McGill, 25 millions $ à la Faculté de génie de l’Université de Calgary, 26 millions $ à la Faculté de médecine de l’Université de Western Ontario et 22 millions $ à la réputée École Schulich des hautes études commerciales de l’Université York et son nouveau bâtiment.

M. Schulich s’est vu décerner de nombreux prix et distinctions, entre autres, l’Ordre du Canada en 2000. Il a été nommé « Developer of the Year » par l’Association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs en 1998 et il a été co-récipiendaire, avec Pierre Lassonde, du prix « Mining Man of the Year » décerné par The Northern Miner en 1997.